Une note de décembre 1900 révèle que la famille était consciente de sa notoriété.
James demanda à Grace pourquoi les médecins les observaient sans cesse mais n’apportaient jamais de soulagement.
Elle n’eut pas de bonne réponse.
Le garçon, âgé de 12 ans et d’une perspicacité dépassant son âge, lui dit qu’il comprenait qu’ils étaient précieux pour la science, mais se demandait si la science les considérait comme des êtres humains.
Jusqu’en 1901, cinq enfants suivaient régulièrement les cours informels donnés par Grace.
Deux apprirent à lire à un niveau adapté à leur âge.
L’un montrait des capacités arithmétiques remarquables.
Ces réussites n’apparurent jamais dans les revues médicales, obsédées à cataloguer leurs défauts physiques.
Mais le journal de Grace les a conservées.
Famille
Témoignage que même une vie née d’une catastrophe génétique contenait des moments
La Commission pour les Pauvres du Comté de Harland proposa de placer les enfants dans une institution publique.
Sarah refusa catégoriquement.
Elle ne voulait pas envoyer ses enfants mourir parmi des étrangers.
La commission accorda une aide financière minimale.
Au contraire, l’implication du Dr Garrett prit fin en 1906.
Lors de sa dernière visite, Sarah tenait bon dans des tâches quotidiennes impossibles à réaliser, grâce à une volonté de fer.
Cependant ses notes mentionnaient aussi des moments qui contredisaient la tragédie accablante.
Le garçon apprenait à jouer de l’harmonica malgré les membranes qui lui collaient les doigts entre eux.
Un autre enfant retenait des passages de la Bible que Benjamin lisait à voix haute.
Les traces écrites se font plus rares après 1906.
Les recensements de 1910 indiquent que Sarah Caldwell vivait seule.
Il n’y a aucune mention des enfants.
Les actes de décès des huit enfants restants n’apparaissent pas dans les documents officiels, ce qui suggère qu’ils ont été enterrés sur la propriété sans documentation.
On ne sait pas s’ils sont morts séparément au cours de ces 5 années
