Les voisins ne nous rendaient pas visite.
Aucun enfant d’autres familles ne jouait avec la progéniture des Caldwell.
La tentative d’aller à l’église, faite une seule fois en 1894, se termina quand l’arrivée de la famille causa un tel malaise que le pasteur leur demanda en secret de ne pas revenir.
Le refus fut justifié par la crainte des difficultés de Sarah à voyager, mais tout le monde comprenait la vraie raison.
En mars 1897, quand le télégramme du Dr Barker arriva à la maison, la famille se composait de Sarah, de Benjamin et de 9 enfants vivants âgés de 6 ans à 2 mois.
Chaque enfant souffrait de nombreuses malformations physiques.
Chaque enfant nécessitait des soins spécialisés qui dépassaient les possibilités de la famille.
Mises à jour des recherches sur les déformations
Chacun d’eux représentait une vie qui, selon la science médicale, n’aurait pas dû exister, et qui pourtant existait d’une certaine manière.
La question qui tourmentait Garrett alors qu’il se préparait à l’arrivée de l’équipe de Hopkins ne portait pas sur le fait de savoir si l’état de ces enfants pouvait s’expliquer, mais si quelqu’un croirait à l’explication une fois présentée.
Le Dr Luelis Barker arriva dans le comté de Harland le 23 avril 1897 en compagnie de deux collègues : le généticien Dr Harold Fenton et un photographe médical disposant d’un équipement bien supérieur à tout ce que possédait Garrett.
Leur voyage depuis Baltimore dura 5 jours.
La correspondance privée de Barker, conservée aux Archives Médicales de Johns Hopkins, révèle qu’il s’attendait à démonter ce qu’il appelait “un nouvel exemple d’hystérie médicale rurale”.
Le premier examen fit voler en éclats ces attentes en quelques minutes.
