serie1 A’10 L’histoire complète
1. LA ROBE ROUGE À NICE – L’histoire complète

À Nice, une femme de 45 ans, Sophie, va tous les samedis dans le même magasin de robes. Elle ne l’achète jamais. Elle regarde juste une robe rouge.
Les vendeuses la connaissaient. Au début elles pensaient qu’elle n’avait pas d’argent. Puis un samedi, la gérante lui a dit : “Essayez-la au moins”.
Sophie l’a essayée. Elle pleurait devant le miroir. Elle a dit : “Il y a 20 ans, mon mari m’avait promis de m’emmener danser avec cette robe. Il est parti le lendemain. Je viens ici chaque samedi pour me rappeler que je suis toujours une femme qui attend une danse.”
Le samedi suivant, toutes les vendeuses du magasin l’attendaient avec la robe rouge emballée. Un mot dessus : “Pour votre danse. De nous toutes.” À l’intérieur, un ticket pour un cours de danse.
Sophie danse tous les samedis maintenant. Mais plus seule.
2. LE SAC BLEU À LYON

Claire, 52 ans, va tous les mardis à la boulangerie de Lyon. Elle ne commande rien. Elle reste 5 minutes à respirer l’odeur du pain.
Un jour la boulangère lui demande : “Pourquoi vous ne prenez jamais rien ?”
Claire répond : “Mon fils était boulanger. Il est mort dans un accident il y a 2 ans. C’était son odeur. Quand je viens ici, j’ai l’impression qu’il est encore en cuisine.”
Le lendemain, la boulangère a mis une petite chaise près du four avec écrit “Chaise de Claire”. Et depuis, tous les mardis, Claire a un pain chaud gratuit qui l’attend. Elle ne l’a jamais demandé. Mais maintenant elle l’accepte.
3. LES DEUX CAFÉS À TOULOUSE

Isabelle, 48 ans, commande deux cafés tous les matins. Un pour elle, un qui refroidit en face d’elle.
Pendant 6 mois, le serveur n’a rien dit. Jusqu’au jour où il a vu qu’elle parlait à la chaise vide.
“Il s’appelait Paul. On a pris notre café ici pendant 20 ans tous les matins avant le travail. Il est mort d’un AVC en janvier. Si j’arrête de commander deux cafés, c’est comme si je l’enterrais une deuxième fois.”
Maintenant, le serveur apporte les deux cafés sans qu’elle demande. Et parfois, il s’assoit 2 minutes avec elle. Pour que le deuxième café ne refroidisse pas seul.
4. LE BANC VIDE À MARSEILLE

Robert, 70 ans, s’assoit tous les soirs à 18h sur le banc face à la mer à Marseille. Il y a de la place pour deux. Il parle.
Les gens pensaient qu’il était fou. Jusqu’à ce qu’une petite fille de 8 ans s’assoie et lui demande : “Vous parlez à qui ?”
“À ma femme. Elle aimait ce banc. On venait ici chaque soir à 18h. Elle est partie il y a un an. Je continue de venir lui raconter ma journée. Sinon elle va s’inquiéter.”
La petite fille est revenue le lendemain avec un dessin : Robert et sa femme sur le banc. Maintenant, tous les soirs, il y a 3 personnes sur le banc. Et Robert ne parle plus tout seul.
5. LA LETTRE QUI NE PART JAMAIS À PARIS

Julie, 38 ans, va à La Poste tous les lundis à Paris. Elle écrit une lettre, la timbre, puis la déchire.
L’employé a récupéré un morceau : “Maman, pardon”.
Il l’a suivie un jour. Elle allait au cimetière.
Julie a expliqué : “Je m’écris à moi-même quand j’avais 15 ans. Ma mère est morte sans que je lui dise pardon pour toutes les fois où j’ai été méchante. Alors je lui écris chaque lundi. Et je déchire parce que je sais qu’elle ne pourra jamais la lire. Mais moi, ça m’aide à ne pas oublier d’être gentille.”
L’employé lui a donné un carnet la semaine d’après. “Ne déchirez plus. Gardez-les.”
6. LE PARAPLUIE JAUNE À BORDEAUX

Monique, 60 ans, sort avec un parapluie jaune même en plein soleil à Bordeaux. Elle ne l’ouvre jamais.
Son voisin l’a suivie un jour de pluie. Elle ne l’a pas ouvert non plus. Elle était trempée.
“Il était à ma fille. Elle avait 10 ans. Elle adorait ce parapluie jaune. Elle me disait toujours ‘Maman, même sous la pluie on doit rester brillante’. Elle est morte d’une leucémie. Si je l’ouvre, j’ai peur de l’user. Alors je le porte juste. Pour qu’elle continue de briller avec moi.”
Le voisin a acheté 100 petits parapluies jaunes et les a distribués dans la rue avec un mot : “Pour Léa”.
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7. LE TICKET DE TRAIN À STRASBOURG

Émilie, 35 ans, achète un billet Strasbourg-Colmar tous les vendredis. Elle ne monte jamais dans le train.
La guichetière lui a demandé un jour : “Vous avez peur du train ?”
“Non. Mon père habite à Colmar. On ne s’est pas parlé depuis 10 ans à cause d’une dispute stupide. Chaque vendredi je me dis ‘cette fois j’y vais’. J’achète le billet. Et au moment de monter, j’ai trop peur qu’il ne veuille plus de moi. Alors je rentre.”
La guichetière a pris le billet, l’a composté et a dit : “Celui-là est utilisé. Maintenant vous ne pouvez plus reculer. Le prochain train est dans 10 minutes. Je garde votre sac ici.”
Émilie est montée. Elle est revenue 3 jours plus tard avec son père pour remercier la guichetière.
8. LE GÂTEAU QUI N’EST JAMAIS RÉCUPÉRÉ À NANTES

Depuis 5 ans, une pâtisserie à Nantes reçoit une commande le 14 mai : “Joyeux 8 ans Léo, gâteau chocolat”. Personne ne vient jamais le chercher.
La pâtissière le jette chaque année. Cette année, elle a décidé d’attendre.
À 19h, un homme est arrivé en larmes. “C’est pour mon fils. Il aurait eu 8 ans aujourd’hui. Il est mort à 3 ans. Je commande le gâteau chaque année pour ne pas oublier quel père j’aurais dû être. Je ne le récupère jamais parce que je ne mérite pas de le manger.”
La pâtissière lui a dit : “Cette année, on le mange ensemble. Joyeux anniversaire à Léo.”
Maintenant, tous les 14 mai, ils mangent un gâteau au chocolat à deux.
9. LA PHOTO DÉCHIRÉE À LILLE

Nathalie, 41 ans, regarde 10 fois par jour une photo déchirée. La moitié d’un homme.
Sa collègue a vu la photo : “C’est qui ?”
“C’est mon frère. On s’est disputés pour un héritage. J’ai déchiré la photo en disant que je ne voulais plus le voir. Deux semaines après, il est mort dans un accident de voiture. Il ne me reste que cette moitié. Je regarde l’autre moitié dans ma tête et j’essaye de recoller ce que j’ai déchiré pour de vrai.”
Sa collègue lui a offert un cadre avec la photo déchirée et un mot : “Certaines choses se recollent autrement.”
10. LA MAISON AUX VOLETS FERMÉS

À Nice, une maison a les volets fermés depuis 3 ans, mais la lumière s’allume tous les soirs à 20h.
La voisine a toqué. Une femme de 80 ans a ouvert.
“Pourquoi vous ne sortez jamais ?”
“Mon mari a construit cette maison. Il est mort il y a 3 ans. J’ai fermé les volets parce que dehors, tout me rappelle qu’il n’est plus là. Mais tous les soirs à 20h, j’allume la lumière comme il le faisait quand il rentrait du travail. Comme ça, si son âme passe, elle saura que je suis encore là à l’attendre.”
La voisine vient maintenant tous les soirs à 20h prendre le thé. Les volets sont toujours fermés. Mais la porte, elle, est toujours ouverte.